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[MOOC] Quelles compétences à l'heure de l'IA en une sketchnote

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L'année dernière, je découvrais le très riche MOOC "Le Manager augmenté avec l'IA" diffusé par la plateforme FUN et conçu par le CNAM sous la houlette de Cécile Dejoux : j'en avais, à ce moment-là, publié une (longue) synthèse sur ce blog.

A l'automne, j'ai eu la chance extra-ordinaire de participer au cas d'usage réalisé avec Malakoff-Médéric autour des transformations managériales induites par l'IA, en scribant deux ateliers (voir les planches réalisées dans le MOOC ou ici). Et c'est avec intérêt que j'ai suivi la nouvelle édition 2019 du MOOC, intégrant de nouveaux cas d'usage et interviews passionnantes (dont celles de Malakoff-Médéric).

Au lieu d'un long résumé écrit des nouveautés, j'ai choisi de zoomer sur le sujet des compétences managériales induites par l'IA, que le MOOC détaille dans son dernier module, et d'en réaliser une sketchnote .

L’émergence de toute nouvelle technologie amène avec elle ces craintes et ces discours parfois décourageants qui trouvent un large écho dans la sphère médiatique. L’IA n’y coupe pas. Et pourtant, dans le monde du travail de demain, dès aujourd’hui même dans certaines entreprises, il faudra compter avec l’IA. Pour mieux comprendre comment elle fonctionne, nous apprendre à expérimenter avec elle, aider les entreprises à soulever cette peur et regarder concrètement métier par métier ce que l’automatisation de certaines tâches confiées à des IA pourrait transformer, le MOOC nous propose de découvrir les compétences à développer pour travailler demain avec l’IA, l’envisager comme un enrichissement de son travail et sortir de l’attitude attentiste ou réfractaire. « Le futur c’est la complémentarité, la symbiose entre l’IA et notre cerveau pour une intelligence augmentée et collaborative » indique le prospectiviste Joel de Rosnay en introduction du MOOC.
Dans cette société où les environnements sont apprenants, où la question du lien entre humain et machine est clé, les managers ont en effet à gagner à comprendre l’intelligence informationnelle, à voir l’IA au service des métiers : comment permettre aux équipes de se concentrer sur des tâches à plus de valeur ajoutée, tandis que l’IA prendra en charge les tâches répétitives et automatisable, comment travailler dans des systèmes devenus de plus en plus complexes ? Tels sont les enjeux pour les managers dès aujourd’hui…
Ainsi, le MOOC nous rappelle que l’arrivée de l’IA et de ses nombreuses applications change les modèles économiques : les environnements sont plus complexes et experts (processus, référentiels, volume de données que l’IA peut d’ailleurs optimisés et exploités), et l’intelligence artificielle va justement faire émerger de nouveaux scénarios, de nouveaux projets, de nouveaux métiers et nouvelles façons de travailler ! Le MOOC invite les managers à penser l’IA en termes de nouvelles opportunités pour changer le contenus des métiers : les talents en expertise IA sont recherchés certes, mais aussi toutes les personnes qui savent travailler avec elle et bien l’utiliser dans les projets : une compétence à la portée de tous !
En effet, pour intégrer l’intelligence artificielle dans leur quotidien professionnel, les managers doivent commencer par l’utiliser pour en comprendre les bénéfices et les risques. Ils doivent également accompagner et former leurs équipes en amont du processus pour leur permettre de comprendre les intérêts pour leur métier. Enfin, effectivement, l’intégration de l’IA dans l’activité, va voir l’émergence de nouveaux métiers autour du contrôle, des flux de datas et de l’éducation de ces IA.

Des compétences d’aujourd’hui et de demain

Le MOOC nous propose alors de zoomer sur les compétences à développer pour intégrer l’IA dans son quotidien voire dans son équipe. Des compétences qui réinventent le rôle du manager au cœur d’une équipe mixte, hommes et machines.
D’abord, créer des systèmes informants, c’est-à-dire accepter de donner sa connaissance à la machine pour lui permettre de faire son travail avec la donnée, c’est aussi être capable de choisir ce qui peut être automatisable et de décider ce qui ne doit pas le devenir.
Ensuite, éduquer les IA, autrement dit, les entrainer comme on pourrait dresser un animal de compagnie, puis intégrer ce « nouveau collaborateur » et faciliter la collaboration entre les différentes intelligences humaines et IA dans une logique collaborative et non compétitive.
Après, avoir une culture des données : comme on parle d’innumérisme pour les personnes qui n’ont pas accès au numérique, l’enjeu, en tant que citoyen, est d’avoir un minimum de culture sur le traitement de la donnée. Et pour le manager, cette culture est également incontournable pour accompagner les transformations et se traduit par la capacité à comprendre les données utilisées, à poser des questions, à prendre des décisions éclairées.
Une fois que l’on sait alimenter et interagir avec l’IA, il faut également pouvoir prendre conscience des biais qu’elle induit si elle a été mal « nourrie », si la qualité des datas n’était pas au RDV, ou encore si les algorithmes eux-mêmes ont été biaisés à la conception… Mettre en place des systèmes d’alerte, débrancher, autant de nouveaux réflexes à acquérir.
Ils vont de paire avec une forme d’esprit critique à développer face à l’IA : poser les bonnes questions, problématiser, prendre du recul sur les données de sortie… avec l’intelligence artificielle, les capacités cognitives humaines autour de la problématisation et de la créativité ont toute leur place !
Enfin, acculturer les collaborateurs à l’IA : fournir des explications mais aussi les amener à tester les interactions avec l’IA, les accompagner pour repenser leur métier en travaillant avec l’IA … Le manager a tout son rôle dans la conduite de ce changement comme dans le fait même de penser la complémentarité entre les collaborateurs et les machines pour voir où se situe précisément la valeur ajoutée de chacun dans l’équipe étendue.

En conclusion, le MOOC nous propose les 4 réflexions suivantes :

  1. D’abord, au niveau du modèle économique autour de l’IA : ce n’est pas celui qui créé la donnée qui a la valeur ajoutée, mais celui qui va savoir l'exploiter et la fluidifier : c’est donc sur ce volet que les managers et les collaborateurs doivent particulièrement monter en compétences.
  2. Ensuite, certes, les métiers autour de l’IA ne sont pas encore tous connus, loin de là, mais on voit bien émerger aujourd’hui les compétences nécessaires pour travailler avec l’IA, largement développées dans le MOOC.
  3. Par ailleurs, l’émergence des premières applications de l’IA fait apparaître qu’il s’agit moins de compétition que de coopération : la guerre de l’IA ne se joue pas au niveau des algorithmes, mais incite au contraire à plus de coopération comme entre chercheurs, start-up, etc.
  4. Enfin, les projets d’IA ne vont pas être uniformes dans tous les pays mais contextualisés en fonction de l’environnement législatif national : en France, la protection des données individuelles et l’éthique sont caractéristiques de notre culture et encadrent notre approche des projets autour de l’IA.

Pour finir, je retiendrai de ce MOOC, cette intervention de François Taddei, fondateur du CRI : l’enjeu pour les managers avec l’intelligence artificielle est de réussir à tirer le meilleur du collectif, de la diversité des intelligences humaines de son équipe auxquelles s’ajoutent celles des machines… Tout un programme !

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